Les oiseaux des Laurentides    --   Chronique 28

Le Martinet ramoneur,
dans les cheminées d'église.       

Famille Apodidés.
Monde 79, Amérique du Nord 6, Québec 1.

Identification :
Oiseau, venant du Pérou, qui en vol, ressemble à l'hirondelle ou à la chauve-souris. Cet oiseau n'est visible qu'en vol car il passe la journée dans le ciel pour se nourrir d'insectes, sans jamais se poser. Il se tient en groupe de 4, 8, 12, 20, il a des battements d'ailes très rapides et des cris genre : "tchiki, tchiki, tchiki dans une suite saccadée. À la brunante, ils se regroupent en tournant autour d'une cheminée, parfois jusqu'à 100, 150, puis dans 5 minutes, ils s'engouffrent tous dans la cheminée pour y passer la nuit. Ainsi, en juin, à tous les soirs, plus de 100 martinets, plongeaient dans la cheminée de l'église de St-Jovite pour dormir. Quel spectacle! Un groupe d'ornithologues des Laurentides sont venus un soir, compter les entrées dans la cheminée de l'église. Avec émotion, ce 16 juin, on en compta 105.

Nidification :
Les grandes cheminées font souvent office de dortoirs pour les Martinets. Ils y passent la nuit au nombre de 20, 50, 100, 200 et plus. La cheminée du Séminaire de Mont-Laurier est habitée par plus de 500 martinets. Cette année, il en comptait plus de 1500. Les petites cheminées sont utilisées comme nichoirs où 2, 4 ou 8 couples peuvent élever leurs petits. Sans se poser, le martinet casse au passage les brindilles mortes des arbres avec ses pattes et les rapporte au nid dans son bec. Il construit son nid en forme de coupe en cimentant les brindilles à la paroi avec sa salive collante. Il y pond 4-5 œufs, couve 19 jours et les jeunes sont nourris par le couple pendant 14-15 jours.

Déclin de l'espèce :
Maintenant, le chauffage électrique, les capuchons ou les parois de métal font disparaître les cheminées de pierres et de briques. Il est difficile pour cet oiseau de trouver des arbres ou crevasses susceptibles de lui offrir l’équivalent des grosses cheminées anciennes. Certaines études montrent qu’il serait possible de construire des cheminées artificielles avec un léger apport d’air chaud et d’humidité. On pourrait ainsi, recréer des sites favorisant le maintien de cet oiseau fort utile à l’humain par sa course constante contre les moustiques. Ces projets sont déjà en action dans plusieurs villes américaines et il faudrait semble-t-il, que nous aussi au Québec, avec nos grands réservoirs de moustiques, nous tentions l’expérience. Quand le ferons-nous?


G. Gauthier  =================  fin de la chronique  ===========   Retour au menu