Les
oiseaux des Laurentides
--
Chronique 38
Bruant chanteur :
Melospiza melodia,
Song
sparrow

Famille des Embérizidés : Gros-becs,
cardinals, bruants…
245 espèces dans le monde, 89 en Amérique, 56 au Canada et 38 au
Québec.
Identification Photo
: Pierre Bannon, Chateauguay, 2 mars
2008
Voici le petit oiseau brun qui arrive parmi
les premiers migrateurs du printemps et sera avec nous jusqu’en octobre. Dès
son arrivée, il s’installe à la cime des arbres pour chanter presque toute
la journée. Son chant très mélodieux et vif, commence habituellement par 3-4
notes genre "tioui, tioui, tioui", suivi d’un gazouillis riche et
varié. On le reconnaît avec une tache au centre de sa poitrine fortement
rayée. On dit « le bruant chanteur, on voit son cœur ». Il porte une
petite calotte brun-roux avec une bande grise au centre. Il a des sourcils gris,
deux moustaches brunes et une longue queue. Lorsqu’il vole, le bruant chanteur
agite la queue de haut en bas. Dans les Laurentides, on compte 14 sortes de
bruants, souvent dans les champs ou les endroits buissonneux envahis par les
mauvaises herbes. Pour les distinguer, mentionnons que le bruant familier et
hudsonien ont une grande calotte rousse et une poitrine grise sans rayures. Le
bruant des prés lui ressemble mais avec du jaune au sourcil et une queue
encochée plus courte.
Habitat et nidification
Il habite partout au sud du Québec, dans les régions habitées, jusqu’aux
Iles de la Madeleine. Il fait son nid au sol, dans un buisson ou un petit
arbuste, rarement dans les forêts matures. L’extérieur est composé de brins
d’herbe, de plantes, de morceaux d’écorce et de feuilles. L’intérieur
est tapissé d’herbes plus fines, de racines et de poils. La femelle assure
seule l'incubation des 3 à 5 œufs pendant 12-13 jours. Le mâle la nourrit
pendant ce temps. A la naissance, les petits sont nourris par les deux parents
qui le feront aussi pendant 10-12 jours après la sortie du nid. En octobre ils
nous quittent pour le sud des États-Unis jusqu’au Mexique.
Comportement
Le mâle revendique un terrain de 50 mètres de coté, soit 2500 mètres carrés
pour établir sa propriété. En s’installant bien en vue, il chante pour
attirer une femelle et plus tard pour identifier son territoire. En mai, pendant
la parade nuptiale, le mâle pique en direction de la femelle qui pour montrer
son accord, émet une trille. Fait intéressant à signaler, les bruants
chanteurs mâles d’une même région possèdent un répertoire de chants qui
leur sont propres. Ainsi, les airs émis par les oiseaux de la région de
Montréal se ressemblent entre eux, mais diffèrent beaucoup de ceux de la
région de Québec ou des Laurentides. L’étendue du répertoire des chants
varie aussi car les oiseaux de Montréal ont 7 à 11 chants, ceux de New-York en
ont jusqu’à 20. Nous comprenons mieux pourquoi nos experts ont parfois des
doutes lors de l’identification au chant…
Gérald Gauthier
================= fin de la chronique =========== Retour
au menu