Les oiseaux des Laurentides   --   Chronique 44

Junco ardoisé : 
(Junco hyemalis),  Dark-eyed Junco

Sous-famille des Embérizinés 
: bruants, juncos…
300 espèces dans le Monde, 46 en Amérique du Nord, 
29 au Canada et 20 au Québec.


Identification  Photo : Pierre Bannon
Ce petit oiseau de la grosseur d’un bruant est plus visible dans les Laurentides lors de sa migration à l’automne et au printemps. Comme il a passé l’été plus au Nord, il arrive parmi nous en octobre et nous annonce ainsi les jours plus froids. Cet oiseau gris au bec conique rose a le ventre blanc. En vol, on remarque tout de suite les plumes latérales blanches de la queue. Le mâle a la tête et le dos gris foncé ou noirâtre ce qui tranche nettement avec le bas du corps qui est blanc. La femelle et le jeune sont plus ternes. Le jeune a une poitrine rayée le faisant ressembler à un bruant vespéral. Le junco fréquente les mangeoires mais préfère se nourrir au sol. On le voit alors gratter le sol à la recherche de fourmis, d’insectes ou de graines. Il est ainsi souvent victime des chats. Son chant ressemble à la trille du bruant familier mais plus musical.

Habitat et nidification
Il est présent partout au Canada et aux États-Unis. Au Québec, cet oiseau niche à peu près partout. On le signale à Nominingue, à Mont-Laurier, en Abitibi, au Lac St-Jean, en Gaspésie, jusqu’au Labrador. Il fréquente alors les forêts mixtes ou de conifères. Il fait son nid au sol, sous les troncs renversés ou sous les racines dans les clairières, les bords des bois ou les brûlis. Le nid est fait de radicelles, d’herbe et de mousse, l’intérieur tapissé d’herbes plus fines. La femelle couve pendant 12-13 jours, les 4 œufs blanchâtres tachetés. Celle qui niche au sud du Québec peut mener à terme deux nichées durant l’été.

Comportement et tendance
Fait à noter, les juncos nés au Nord du Québec migrent tous vers le sud. Ces juncos arrivant du Nord, peuvent passer l’hiver dans la région de Montréal ou aller aux États-Unis. Ceux nés dans les Laurentides ou dans la région de Montréal iront peut-être jusqu’au milieu des États Unis ou ne migreront pas. Le sud du Québec est donc une zone où les juncos sont plus nombreux, plusieurs y passent l’hiver. D’après les données recueillies par les observateurs, on remarque une légère hausse des effectifs. Le junco profiterait de nouvelles pratiques comme le reboisement des terres agricoles. De plus de nouvelles méthodes de coupes (sélectives, en bandes) sont favorables aux juncos puisqu’elles conservent des peuplements de conifères d’ages variables et favorisent aussi la régénération d’un sous-bois dense. Le junco ardoisé, un petit oiseau agressif à découvrir !

Gérald Gauthier
  =================  fin de la chronique  ===========   Retour au menu