Les oiseaux des Laurentides   --   Chronique 47

Chouette Lapone : (
Strix nebulosa) 
Famille des Strigidés
161 espèces dans le monde, 18 en Amérique, 
15 au Canada et 10 au Québec  

Identification  (Photo:  Pierre Bannon)
Voilà le plus grand de nos strigidés. La Chouette lapone a une taille immense, de grands cercles autour des yeux jaunes et deux taches blanches sous le menton, ressemblant à un noeud papillon. Mesurant 75-80 cm, avec une envergure de 1,5 mètre, c’est le plus grand hiboux du Canada. Bien qu’il habite le nord-ouest du pays, il lui arrive de faire une grande migration vers l’Est, jusqu’au sud du Québec. Ainsi cette année, c’est pratiquement une invasion de cette grande chouette. On en compte des dizaines autant dans la région de Québec que dans la région de Montréal. Elle a été vu sur l’Ile Bizard, à Mirabel, à St-Eustache, et aussi tout près de nous, à Arundel, Lac Supérieur et à Ste Véronique. Sur Internet, dans le groupe Orntho-Qc, c’est la vedette de l’hiver, tous les observateurs d’oiseaux aimeraient la voir.

Habitat et nidification
Elle habite les forêts de conifères et de feuillus du Nord de l’Amérique à partir de l’Alaska jusqu’au nord de l’Ontario. Lorsqu’elle vient au Québec en hiver, elle favorise un milieu dégagé où les arbustes sont clairsemés et s’installe sur des arbres morts pour faire le guet avant de partir à la chasse. Comme la plupart des autres rapaces nocturnes, la Chouette lapone ne construit pas de nid, elle utilise celui d’autres espèces d’oiseaux, l’Autour, la Buse à queue rousse ou le Corbeau. Elle peut aussi utiliser une souche, le sommet d’un arbre mort tronqué ou encore le sol. La femelle assume seule la couvaison des 3-4 oeufs. Le mâle nourrit la femelle pendant ces 4 semaines. Les jeunes quittent le nid avant de pouvoir voler et vont vivre deux semaines sur des arbres penchés.


Nourriture et comportements
Son régime alimentaire se compose surtout de petits rongeurs comme les campagnols et les musaraignes, quelques fois, elle y ajoute des écureuils, des amphibiens et des oiseaux.

Sa taille et l’épaisseur de son plumage favorisent sa résistance au froid. L’asymétrie de ses oreilles et ses disques faciaux lui permettent de localiser les rongeurs sous la neige au son. Elle plonge alors sur sa cible, les serres pointées vers l’avant. Elle peut ainsi capturer une proie sous plus de 20 cm de neige et même sous une croûte durcie. Habituellement sédentaire sur son territoire en période d’abondance, elle peut s’éloigner de centaines de kilomètres si sa nourriture principale diminue. Ceci expliquerait les irruptions dans le sud du Québec à tous les 4-5 ans.


G. Gauthier  =================  fin de la chronique  ===========   Retour au menu