Les oiseaux des Laurentides   --   Chronique 63

La Sturnelle des prés (Sturnella magna) (Eastern Meadowlark)
Famille des Ictéridés : Goglus, Carouges, Quiscales, Vachers, Orioles et Sturnelles.
97 espèces dans le monde, 20 en Amérique du Nord, 11 au Canada, 8 au Québec


Identification   Photo : Jack Bartholmai
En se promenant dans les grands champs dégagés, on remarquera cet oiseau au dos brun rayé et au ventre jaune. Les jumelles nous permettront de distinguer un grand V noir sur son poitrail. Puis en faisant silence, on entendra son chant inoubliable. EIle siffle de façon très aigue, deux ou trois fois, "ti-ou-ti-ti-yu". De la taille d'un Merle d'Amérique, 24 cm de long, elle a le bec plus pointu et la queue plus courte. Lors de son vol, fait de battements rapides et de planés, on remarque le blanc de chaque coté de la queue. Un télescope est souvent utile pour distinguer les détails de son plumage car elle n'aime pas les observateurs trop près. Les deux sexes sont semblables.

Habitat et nidification
En Amérique du Nord, on verra la Sturnelle des prés nicher dans les grandes plaines de l'Est américain. Au Québec, elle niche dans la plaine du St-Laurent et les régions agricoles du Québec. Ainsi, tous les grands champs des Laurentides, du Témiscaminque et de l'Abitibi seront des sites propices à sa nidification. En hiver, elle se rend jusqu'au Mexique, en Amérique centrale et à Cuba. Sa migration la conduira aussi en Colombie, au Venezuela, en Guyanes et au nord du Brésil. La femelle construit seule, un nid au sol dans une légère dépression. Elle le cache bien en faisant un dôme d'herbes entrelacées avec une entrée latérale. Elle y pondra 4-5 oeufs, les couvera 15 jours et les jeunes seront nourris par le couple pendant 10-12 jours avant de quitter le nid. Les jeunes pourront voler 3 jours plus tard mais seront dépendants encore 15 jours.


Nourriture et comportements
Les mâles arrivent au début d'avril et les femelles 15 jours plus tard. Alors commencent les parades et les comportements amoureux très variés. Fait à souligner, la Sturnelle chante alors différemment. On peut mieux l'observer car elle se perche souvent sur un piquet, une clôture ou un fil. Elle est considérée utile aux agriculteurs puisqu'elle se nourrit d'insectes nuisibles, comme punaises, sauterelles, scarabées, chenilles, criquets, fourmis et des graines de mauvaises herbes au printemps et à l'automne. Avant, on coupait le foin en août, maintenant, on coupe en juin et en août, ce qui fauche les nids juste au moment où les petits sont là.  Il y a 25 ans, la déforestation lui était favorable, le nombre progressait.  Depuis 15 ans, les insecticides, les cultures intenses et spécialisées limitent la variété des champs, donc sa nourriture, elle est maintenant en déclin.
 
Gérald Gauthier   =================  fin de la chronique  ===========   Retour au menu