Les oiseaux des Laurentides   --   Chronique 92

Oie des neiges,  Chen caerulescens, Snow Goose
Famille des Anatidés : Monde 157, Amérique 43, Canada 37 et au Québec 32 espèces.
Cygnes, Bernaches, Canards, Sarcelles, Morillons, Eiders, Macreuses, Garrots et Oies

Identification   (Photo : Pierre Bannon)
Les Oies des neiges nichent en colonie dans la toundra, au nord du cercle polaire. A l'automne et au printemps, on les voit par milliers dans l'estuaire du St-Laurent, à Baie-du-Febvre et à Cap Tourmente. Cette année, plusieurs centaines, se sont arrêtées dans les champs des fermes Brassard à La Conception. D'autres ont été vues dans les champs sur la route d'Arundel. Due à son abondance, on peut donc supposer que certaines empruntent une nouvelle route migratoire. Son plumage est tout blanc, sauf le bout des ailes noires, en vol. Au sol, on notera le bec et les pattes roses. On dit qu'elle sourit, en fait, on voit les bordures noires des mandibules.

Habitat et nidification
L'oie des neiges habite au nord de l'Amérique jusqu'au Groenland. A l'automne elle migre vers le centre Est des États-Unis jusqu'en Floride avec des arrêts sur les bords du St-Laurent La migration d'automne se fait habituellement en octobre et c'est en mai qu'elle revient pour nidifier au Nord. Elles n'étaient que 3000 en 1900, frôlant ainsi l'extinction. Grâce à des mesures de protection efficaces, on en dénombre près d'un million aujourd'hui. L'Oie blanche est monogame et s'accouple pour la vie (25 ans). Au début de juin, la femelle construit un nid de mousse et de duvet, elle y pond 3 à 5 oeufs et l'incubation dure 24 jours. La femelle couve pendant que le mâle monte la garde. Dès l'âge d'un ou deux jours, les jeunes quittent le nid et se nourrissent de plantes herbeuses riches en protéines. Les jeunes profitent de la clarté de 24 heures sur 24 pour grandir très vite. À l'âge de six semaines, ils prennent leur envol et suivent leurs parents.

Nourriture et comportement
Les oies fréquentent les marais et les terres humides. C'est là qu'elles trouvent des plantes nutritives, comme les bulbes de Polygonum et des racines du Scirpe d'Amérique. Grace à leur cou fort, leur mandibule et leur langue couverte de nombreux denticules, les oies peuvent extraire les rhizomes du scirpe jusqu'à 20 cm de profondeur. Avec le temps elles ont découvert les terres agricoles pour se nourrir des grains de céréales et des plantes herbacées. Elles sont maintenant aussi attirées par les champs de maïs. Un autre phénomène récent, depuis 1990, certaines ont commencé à nicher sur les bords du St-Laurent.  Peut-on y voir des conséquences des changements climatiques ou de l'abondance?  L'avenir prochain le confirmera.

Gérald Gauthier   =================  fin de la chronique  ===========   Retour au menu